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La Voix, messe dominicale

Eh bien non, je ne m’intéresse pas seulement à l’art numérique et à des films que personne n’a vus. J’aime aussi des affaires ultra populaires. Comme La Voix. Ce sera la grande finale dimanche soir prochain et, comme la moitié de la population majeure et vaccinée du Québec, je serai fidèle au poste. Même si mes préférés sont partis.

La Voix TVA 2014

Site web de La Voix TVA. Les 4 finalistes de La Voix 2014.

Si j’ai eu la curiosité d’y jeter un oeil l’an dernier à cause de la présence de Jean-Pierre Ferland et d’Ariane Moffat, l’amoureuse de musique que je suis y a trouvé son compte grâce à la diversité des genres et des talents et l’accent mis sur la musique avant tout. Et pas trop de formatage. Chacun y a son style et le conserve. On n’essaie pas de faire trop « mainstream ». Et encore une fois, je suis estomaquée de voir et d’entendre à quel point le Québec est bourré de talents. Pour un si petit bassin de population, on a tellement rien à envier à nos voisins.

Le bémol de ce genre d’événements, pour moi, c’est la compétition. La musique, comme n’importe quel autre art, ne se prête pas trop à ce « jeu ». Ce n’est pas du sport, où on peut constater objectivement qui a couru le plus vite. À un certain niveau, ça devient une question de goût et même de chance. Mais pour avoir moi-même participé à des concours, que j’ai parfois perdus et parfois gagnés, je peux dire que la « médaille » à la fin ne compte pas tant que ça. Ça permet avant tout de se confronter à soi-même, ça oblige à se dépasser et c’est aussi une occasion exceptionnelle de faire des rencontres musicales et humaines enrichissantes (et qui perdurent). Personnellement, je n’ai que de bons souvenirs de ces moments. Et, bien sûr, comme j’ai connu ça de l’intérieur, j’ai d’autant plus d’empathie envers les participants. J’ai un énorme respect et une admiration pour TOUS ceux qui osent se présenter sur scène dans un tel contexte.

Les fleurs
La brochette de coachs de cette année est idéale : allumée et qui touche tous les coins d’un large spectre musical. Marc Dupré, Isabelle Boulay, Éric Lapointe et Louis-Jean Cormier se complètent bien et ils ont tous une qualité essentielle pour nous rallier: une grande dose de générosité. La compétition est amicale et ils sont là avant tout pour l’amour de la musique, ça paraît.

Le pot
Je ne sais pas qui s’occupe de leur site web, mais ils inscrivent sur le site les titres des chansons chantées… et le nom de l’interprète original. Aucune trace des auteurs et compositeurs de ces chansons. Je trouve ça vraiment insultant. Pour une émission qui fait la promotion du talent artistique et qui a, quand même un peu, une mission de faire honneur à la musique, ça fait dur. C’est un grand manque de respect pour ces créateurs. Sans auteurs et sans compositeurs : pas de chansons. Ce serait la moindre des choses que de rendre à César ce qui appartient à César.

Faites un voeu
Le mien serait de voir davantage le travail de coulisses. Les répétitions, la création d’une chanson, toutes les étapes par lesquelles il faut passer pour atteindre le summum de la performance au jour J, j’aimerais qu’on en voie plus et je crois que le spectateur en serait gagnant. Un artiste, ce n’est pas un pelleteux de nuages, ça travaille fort. Et si on aime le moindrement la musique, on va aussi aussi être heureux de voir le chemin qui mène au résultat final. On apprendrait plus à assister à ça qu’à entendre des entrevues insignifiantes qui font parfois office de remplissage.

Mon top 3
J’ai fait de belles découvertes cette saison et je ne vais pas tous les nommer car il y en a trop (Véronique Gilbert, Sabrina Paton, Rita Tabbakh, mais il y en a bien d’autres). Si vous n’avez pas suivi l’émission, voici une chance de vous rattraper un peu… Je ne pense pas me tromper en disant qu’on réentendra parler très bientôt de plusieurs d’entre eux mais particulièrement de ces trois artistes.

Marie-Ève Fournier. Cette fille est hallucinante. Elle nous « pitche » son âme dans la face à chaque fois qu’elle chante. Et elle le fait avec nuances, un grand sens musical, une utilisation juste de sa voix qui peut tout faire. On l’a entendu dans des genres assez différents à La Voix et à chaque fois, c’était réussi. J’ai très hâte de la réentendre et j’espère qu’elle trouvera des tounes à sa hauteur.

Élie Dupuis. Un grand interprète, d’une belle sensibilité, qui sait rendre un texte avec émotion ET intelligence.

Shiraz Adham. Partie trop tôt du concours, mais ce n’est qu’une question de temps avant qu’on la revoie sur le devant de la scène. Tout juste 15 ans et elle se démarque déjà par une voix bien à elle et une intériorité plus que touchante.

Grande finale

Parmi les quatre finalistes de dimanche, j’ai un gros faible pour l’apparence zen et la voix unique de Yoan Garneau. Le country n’est pourtant pas ma tasse de thé, mais j’avoue que je suis prête à en écouter un peu plus si c’est sa voix qui le porte. Je l’appelle aussi M. Surprise parce que son look de jeune blondinet ne nous préparait pas à cette voix vibrante.

On ne peut jamais présumer de ce qui va arriver dans une finale, mais on peut quand même parier sans trop de risques que ça se passera entre Yoan Garneau et Renée Wilkin pour l’ultime récompense, car ils ont tous les deux obtenu une cote d’amour pas mal élevée du grand public pendant leurs précédentes performances.

Quoiqu’il advienne, pour chacun d’entre eux, la prochaine étape cruciale sera de bien s’entourer et d’aller chercher un répertoire de qualité qui leur ressemble. Pas une mince affaire, mais il y a tant de bons créateurs au Québec… les cartes sont sur la table.