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Sur la trace d’Agatha Christie en Mésopotamie

Elle aurait pu se contenter d’écrire des romans (plus d’une soixantaine, sans compter nouvelles et pièces de théâtre), mais Agatha Christie était une insatiable curieuse et touche-à-tout : décoratrice, pianiste, infirmière, pharmacienne, photographe, vidéaste, réparatrice habile d’artefacts… Elle a eu mille vies. Tout ce qu’elle touchait, et toutes les personnalités qu’elle rencontrait, étaient sources d’inspiration pour ses histoires.

La reine du whodunnit (Qui a fait ça? Qui a tué?) sera en vedette jusqu’en avril à Pointe-à-Callière. Comme tout le monde, je connaissais l’auteure et quelques-unes de ses histoires les plus célèbres. Miss Marple et, plus encore, Poirot, sont entrés dans l’imaginaire collectif. Si on n’a jamais lu ses livres, on a au moins vu une des nombreuses adaptations de ses romans. Je ne connaissais toutefois que des bribes de sa vie et j’ai été fascinée par la dame tout au long de cette exposition.

C’est d’ailleurs moins une exposition sur une période en particulier de l’Histoire qu’une initiation au travail d’archéologue et une mise en lumière de l’apport d’Agatha Christie à ce domaine. Grande voyageuse, habitée par une grande soif d’apprendre, elle est partie vers Ur (ville antique d’Irak) par le train de l’Orient-Express pour soigner une peine d’amour. Et c’est à Ur que celle qui n’aimait pas du tout les histoires d’amour dans les intrigues policières a rencontré son second mari, Max Mallowan, avec qui elle a partagé cette passion pour l’archéologie pendant de nombreuses années.

Elle ne faisait pas qu’accompagner son mari sur les champs de fouille, mais elle participait activement à la restauration des oeuvres et à la documentation de la recherche par la photo et la vidéo. (Débrouillarde, elle avait découvert que sa crème de beauté était d’une grande efficacité pour nettoyer sans les abîmer les artefacts d’ivoire, eh oui!) Elle a même financé des fouilles avec les revenus de ses romans.

Inversement, cette partie de sa vie, d’archéologue et de voyageuse, a inspiré plusieurs de ses romans : « Meurtre en Mésopotamie », « Rendez-vous avec la mort », « Mort sur le Nil ». Observatrice, elle se servait de tout ce qu’elle apprenait au quotidien pour nourrir ses intrigues.

Tous les amateurs de polars et du travail de l’auteure seront intéressés par le parcours de l’exposition qui nous résume à la fois sa vie et son oeuvre, et fait les liens entre l’une et l’autre.

Les portes tournantes

Cette ligne de fin d’année s’est franchie comme à l’arrivée pour moi : en mettant un pied devant l’autre. Vous aussi, je parie. C’est encore ce que je compte faire pour chaque jour de l’année qui vient, alors pas de fla-fla, pas de résolutions rabat-joie, ni de promesses qui risqueraient de ne pas être tenues. Je vais faire mon possible, ce qui est déjà beaucoup, et tenter de sortir du bon côté des portes tournantes. Rien de plus détestable que de se rendre compte qu’on a tourné en rond. Je blague à demi, mais ne pas se laisser emporter dans le tourbillon de ces portes peut parfois être très sportif!

Les bilans 2013 ont abondé et je les suis toujours avec beaucoup de plaisir et un brin de complaisance (l’important, c’est d’y voir défiler nos têtes à claques). Pour ajouter ma touche personnelle à tous ces bye bye, voici donc dix points de rencontre culturels (mais pas drôles du tout, j’ai laissé l’humour pour un moment de l’autre côté des portes) où m’ont menée mes pas et qui ont chatouillé mes orteils. Dans le désordre.

1. Claude Robinson, qui n’a pas été suffisamment mis de l’avant dans les bilans de fin d’année. Il aurait dû être porté triomphalement sur le bouclier d’Abraracourcix. Mon oeil s’est attardé sur ce texte d’Yves Boisvert, et j’espère que ces clowns tristes perdront enfin panache, perruques et millions en 2014. Comment se fait-il qu’ils aient encore une chemise sur le dos?

2. Dany Laferrière. Si l’Académie française n’a pas une grande résonance dans nos coeurs de Québécois, on est quand même bien conscient que ce n’est pas un mince exploit d’y être admis. Et ça flatte un peu notre ego chauvin d’entendre l’écrivain donner de l’importance au Québec dans ses entrevues en France.

3. Unité 9. Assurément un des téléromans les plus réussis, et utiles, des dernières années, tous pays confondus.

4. Karine Vanasse dans Revenge. Cette série est mon péché mignon. J’aime suivre cette drama pour filles, savant mélange de suspense, d’action, de romances et de glamour, portée par des personnages féminins forts. Encore un peu de chauvinisme, mais comment ne pas sourire de l’apparition de cette actrice (qui en plus d’être des nôtres, est belle et brillante, a un naturel fou et a le culot d’être sympathique, n’en jetez plus, la cour est pleine), qui tient un rôle assez important dans la saison 3. Ça fait un p’tit velours. Nos artistes sont nos voisins ici, au Québec, alors quand le voisin voyage…

5. Mon nouveau Sony Reader avec rabat, qui remplace mon Kindle tristement obsolescent (mais j’y reviendrai).

6. René Magritte, qui a clos mon année, au MOMA à New York. Un de mes peintres préférés, dont une grosse partie de ses oeuvres majeures sont rassemblées dans cette expo. J’ai donc pu admirer grandeur nature des tableaux comme La condition humaine, Le thérapeute et Les amants, un sourire en coin, car sous sa fascination (parfois morbide) pour l’inconscient, se cache aussi beaucoup d’humour. Vous pouvez l’attraper au MOMA jusqu’au 12 janvier, sinon, il faudra vous rendre à Houston ou à Chicago.

7. Broadchurch. Une des très bonnes séries policières que j’ai vues cette année. La meilleure, en fait, parce que je la regarderais avec plaisir de nouveau même si j’en connais la fin. Ça tient beaucoup aux paysages, aux personnages et à un rythme bien dosé, qui convient à l’ambiance de vents et de falaise sans rien alourdir. La version francophone sera diffusée à Radio-Canada (à partir du 28 février, je crois, mais je dis ça sous toute réserve).

8. Titi Robin et son passage au Festival de jazz de Montréal. Sa musique s’inspire de l’âme gitane et fait monter du sol une irrésistible fièvre qui se propage dans le corps en entier, de nos orteils à nos oreilles.

9. Sherlock Holmes vient d’entrer dans le domaine public. Ce personnage déjà légendaire appartient maintenant à tous. C’est quand même quelque chose quand un personnage fictif devient à ce point immortel.

10. L’Ermitage. En 2013, j’ai enfin mis les pieds dans ce lieu mythique. Impossible de tout voir de cet immense musée en une seule fois (il inclut 4 palais), mais c’est déjà un souvenir impérissable que d’avoir pu déambuler entre ces murs magnifiques, ancien antre de Catherine la Grande, dans un Saint-Pétersbourg dont l’architecture spectaculaire fait oublier la grisaille de sa température.

Ermitage vu de la Neva, Saint-Pétersbourg

Ermitage vu de la Neva, Saint-Pétersbourg, Photo Wikipedia

Musée L'Ermitage, Saint-Pétersbourg, Russie, Juin 2013 © Julie Marcil

Musée L’Ermitage, Saint-Pétersbourg, Russie, Juin 2013 © Julie Marcil

Je vous souhaite une année 2014 pleine de belles découvertes.