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Marie, Fille du Roy

Les Filles du Roy arrivent en Nouvelle-France.

Les Filles du Roy arrivent en Nouvelle-France.

Marie n’a rien à perdre. C’est ce qu’elle s’est dit en s’embarquant sur le Prince-Maurice en juillet 1671 en direction de la Nouvelle-France. Orpheline de père et sans le sou, elle était condamnée à finir ses jours dans un couvent de bonnes soeurs.

Elles sont bien bonnes, les soeurs, d’avoir pris soin d’elles toutes, ses consoeurs et elle, mais Marie aspire à autre chose. Là-bas, elle sera libre, elle se fera une vie à elle, une famille à elle.

Elle a quand même peur. Elle laisse sa mère sur l’autre continent, et des frères et soeurs qu’elle ne reverra sans doute jamais. L’espoir est ailleurs, dans ce monde inconnu qui l’attend.

La traversée est difficile, la mer houleuse. Beaucoup de filles sont malades, et dans la crainte de voir sa vie s’achever ici, Marie doute par moments d’avoir pris la bonne décision. En même temps, avait-elle vraiment le choix? Qu’aurait-elle pu faire d’autre?

Si elle avait su ce qui l’attendait, elle aurait douté encore plus. Quand on part à l’aventure, mieux vaut ne pas penser aux épreuves qui nous attendent. Elle épouse un homme qu’elle connait à peine — aucune garantie sur son tempérament — et leurs affinités se limitent à l’effort de survie et à l’espoir d’un avenir meilleur.

Mariée à André en octobre, elle s’affaire avec lui à préparer leur nid, déboiser, solidifier l’abri, et surtout semer et rendre la terre accueillante pour les légumes et céréales dont ils ont besoin pour leur subsistance et celle de leurs enfants.

Fille de la ville, elle doit apprivoiser à la fois son homme et la vie rurale, où tout autour il n’y a que bois, terre, rivière, et quelques voisins à plusieurs miles à la ronde, sans compter les attaques possibles d’Iroquois. Et ce froid…

Marie fait partie des 764 Filles du Roy venues peupler la Nouvelle-France. Les Québécois, en grande majorité, ont au moins une Marie, une Jeanne, une Catherine, issue de cette grande migration, parmi leurs ancêtres. Sans elles, sans leur courage, nous ne serions pas ici.

J’ai assisté récemment à une rencontre sur le sujet, menée par Éric Bédard, avec Danielle Pinsonneault comme invitée. On y apprend l’essence de ce qui a animé les Filles du Roy: qui elles étaient, d’où elles venaient, comment elles ont vécu. Je vous suggère d’attraper la diffusion de l’émission qui aura lieu sur Matv au cours de l’année. Ces femmes valent la peine d’être mieux connues.

Une association, la Société d’histoire des Filles du Roy, fondée en 2010 et dont fait partie Mme Pinsonneault, a d’ailleurs pour mission d’approfondir nos connaissances à leur sujet.

La beauté de la technologie est qu’il est de plus en plus facile d’accéder aux actes civils numérisés et ainsi, de remonter le cours de notre arbre généalogique, particulièrement au Québec où ils ont été bien conservés.

Vous pouvez entre autres remonter le temps avec Ancestry.ca qui vient d’acquérir de nouveaux actes notariés de la Bibliothèque et archives nationales du Québec (BANQ), son partenaire.

Vous pouvez également consulter, et ce gratuitement, des banques de données auxquelles tous contribuent, comme Mes Ancêtres. Attention, toutefois… Assurez-vous que les sources sont fiables car des erreurs peuvent facilement se glisser.

Pour commencer votre recherche, il suffit d’entrer le nom de vos arrière-grands-parents, paternels ou maternels, et vous avez de grosses chances de voir apparaitre l’acte de mariage où est inscrit le lieu et l’année de leur mariage, mais également le nom des parents des mariés. Et ainsi, d’acte en acte, vous pourrez remonter aux sources.

Tous ces premiers arrivants ont influencé fortement notre propre parcours, pas tant par leurs gènes que par leur culture, leur façon de voir la vie et de s’y adapter. Ils et elles sont une grande part de notre identité.

Le 887, le 455 et l’enfance de la Révolution tranquille

« Je me souviens. » De quoi, donc? Notre mémoire collective est comme notre mémoire individuelle. Sélective et pleine de trous. Robert Lepage nous cause de cette faculté qui oublie. De souvenirs en réminiscences, 887, sa nouvelle pièce se veut un hommage touchant à son père et à toute une génération, celle d’avant la Révolution tranquille.

Difficile de ne pas se sentir interpellé par ce qu’il évoque, car cette histoire récente est celle de la majorité des francophones d’ici. Le 887 Murray de l’enfance de Robert Lepage ressemble d’ailleurs étrangement au 455 Boyer où j’ai passé une partie de la mienne.

887, rue Murray

887, rue Murray

455, rue Boyer

455, rue Boyer

En revisitant son enfance, il revient sur les origines de cette Révolution tranquille. Qu’est-ce qui l’a précédé? Quelles en sont les raisons? La montée du nationalisme était fondée sur un sentiment d’injustice et était motivée par des valeurs d’équité. Il était indissociable d’objectifs concrets comme l’accès à l’éducation pour tous, et pas seulement pour ceux qui pouvaient se la payer.

La majorité des Québécois sont issus de cette classe ouvrière. Sommes-nous en train de perdre ces valeurs dans le confort de l’indifférence que nous apporte l’élargissement de la classe moyenne? C’est une des questions soulevées dans 887.

Comme d’habitude, Robert Lepage sait utiliser la technologie à bon escient pour illustrer avec une certaine magie ses propos et en faire de beaux moments de théâtre. Pas besoin de moyens spectaculaires. Par exemple, un cellulaire, s’il représente à la fois la communication moderne et notre mémoire numérisée, devient aussi une caméra qui nous fait entrer à l’intérieur d’une maison de poupée, donnant l’impression de voir un film maison un peu bancal comme on en voyait dans les années 70.

La scénographie ingénieuse présente un module polyvalent qui devient tantôt une bibliothèque, tantôt une cuisine, tantôt l’immeuble d’habitation où logeaient les Lepage.

Plutôt cérébrale et très dense, la pièce m’a semblé la plus bavarde de toutes celles que j’ai vues de Robert Lepage, ce qui exige une plus grande concentration, et ce qui a pour conséquence de nous garder un peu en retrait, en position d’observateur attentif plutôt que d’être projeté sur scène au milieu de l’histoire. Mais vers la fin, l’émotion m’a gagné. J’ai été émue par cette interprétation vibrante de Speak White. Émue par cet hommage à un homme qui ressemble à tant de pères de cette époque: discret, peu communicatif, cachant ses émotions, mais travaillant de longues heures pour sa famille du mieux qu’il peut. Cet hommage est aussi celui de toute une génération qui a souhaité un meilleur avenir pour ses enfants. Est-ce que ces enfants et petits-enfants laisseront un meilleur avenir pour la génération suivante? On se le demande.

887 est présentée jusqu’au 8 juin au TNM mais les représentations sont complètes depuis un bout déjà. Guettez son prochain passage.

Pour un complément, une longue et intéressante entrevue avec Robert Lepage, sur 887 et sur son travail de création en général:

http://ici.radio-canada.ca/premiere/premiereplus/arts/99058/robert-lepagenbsp-autour-de-i887i

Human : destins croisés

Oui, je sais, l’être humain est capable du pire. Comme il est  capable du meilleur. Ce qui en fait une bête désespérante, réjouissante, fascinante.

En ces temps troubles, « Human », le projet documentaire de Yann Arthus-Bertrand touche encore plus. Il est pourtant d’une simplicité désarmante. Des gros plans sur des visages de partout. L’humain dans son essence, qui nous parle dans toutes les langues, du bonheur, de l’amour, de la mort, du sens de la vie, de la condition humaine, de sa quête et de ses contradictions. Le tout entrecoupé de paysages spectaculaires, présenté en trois films d’environ 1h30.

Lui et ses équipes ont parcouru la planète pendant deux ans pour recueillir ces paroles et filmer ces environnements. Le projet est également une invitation à une « conversation sociale ». Qu’est-ce qui nous rend humain? #WhatMakesUsHUMAN

On se rend compte, à travers tous ces témoignages, à quel point on est pareils, à quel point on a soif des mêmes choses. On constate aussi qu’au-delà du vernis culturel, on peut avoir une affinité de pensée beaucoup plus grande avec cet Haïtien ou cette Vietnamienne qu’avec ce voisin d’à côté avec qui on n’a pas l’impression de parler le même langage.

Certains récits nous font rager, d’autres nous font sourire ou nous attristent. On nage entre douleur et beauté.

Disponible gratuitement sur le web.

Musique Québon et radio poubelle

Semaine de l’ADISQ oblige — et aussi parce que je n’ai pas eu le temps de courir les spectacles ou autres événements — j’en profiterai seulement pour glisser un mot sur mes derniers coups de coeur Québon.

Un micro, ça se mérite

Juste avant, j’aimerais glisser un mot éditorial (tout petit) à propos du rapport sur les radios de Québec qui a été tant décrié cette semaine. Je n’ai pas lu le rapport. Je ne peux donc pas l’analyser. Je suis tout de même étonnée d’entendre même les Boisvert, Facal et compagnie, contre-argumenter en parlant de liberté de presse et de diversité des opinions.

Je pense que personne ne veut « museler » la droite (ou qui que ce soit). Il ne s’agit pas d’empêcher les gens de s’exprimer, mais bien de se poser des questions sur ce qui devrait être admis ou pas en ondes. Quelqu’un qui a une opinion autre que la mienne, mais qui a des arguments valables à présenter m’intéresse. Mais si ton seul argument est de cracher sur les gens et de les traiter à tort et à travers de tous les noms avec mépris, ça ne fait pas avancer le débat. Ce n’est pas d’une discussion entre voisins ou entre amis dont on parle, mais bien d’animateurs et de chroniqueurs qui ont un micro, qui sont entendus par un paquet de gens et qui ont donc une responsabilité supplémentaire : avant de prendre la parole, ils ont le devoir d’être informés et d’apporter des arguments qui se tiennent.

Il me semble que ce rapport a parlé de se pencher sur un code de déontologie et ça ne me semble pas une mauvaise idée. Les journalistes en ont un. Les animateurs radio, télé et web, devraient en avoir un aussi. Ce serait la moindre des choses.

Les vraies affaires

Parlons des vraies affaires : la musique! Je ne suis plus capable de tout suivre en musique, il y a beaucoup trop de nouveaux (et bons!) groupes et musiciens qui émergent chaque année. J’essaie au moins de me tenir au courant de ce qui se passe au Québec, même si ici aussi, ça foisonne depuis plusieurs années déjà, et ce, dans des genres très diversifiés (tant mieux!).

Mon coup de coeur de l’année demeure Jean Leloup, mais il n’a plus besoin de présentation. Un de mes chouchous dans les petits nouveaux est Philippe Brach. Je l’ai vu en spectacle et je l’ai trouvé baveux et créatif!


Je suis aussi assez accro à Galaxie. Pour faire le ménage, pour aller à la gym ou tout simplement pour se défouler dans son salon, ils sont parfaits!


D’Ariane Moffatt, je n’aime pas tout, mais j’ai souvent des coups de coeur et, sur son dernier album, c’est la chanson « Les tireurs fous » qui a remporté la mise. Elle est dans l’air du temps et elle fait un bien fou. À écouter et à chanter.


J’ai aussi découvert cet été en spectacle Bears of Legend. S’ils pouvaient chanter un peu plus en français, ils gagneraient en authenticité, il me semble, et éviteraient de se perdre dans la mer anglophone.


Mon tout dernier coup de coeur du Québec : le dernier disque de Nicolas Pellerin et les Grands Hurleurs, 3/4 fort. Du folklore dynamique mais moderne. Parfait pour se préparer à l’ambiance des Fêtes… sans trop penser à Noël encore.

Un peu de lecture

Tant qu’à faire dans le Québon, je vous suggère de lire le roman-bd de Guy Delisle, Chroniques de Jérusalem. Il n’est pas récent, mais je viens tout juste de me plonger dedans. Les yeux d’un Québécois sur Jérusalem au quotidien. Intéressant, sympathique, sans jugement.

Cinéma : cherchez la femme

Ce n’est pas la première fois qu’on en parle et ce ne sera pas la dernière, car les choses bougent vraiment trop lentement (en fait, est-ce que ça bouge? Dites-le moi si le mal de mer vous pogne; moi, ça va.). Les réalisatrices sont trop peu nombreuses. Pourquoi? Comme en politique, les raisons sont sûrement multiples et difficiles à cerner. Les Réalisatrices Équitables en ont fait leur cheval de bataille et elles ont bien raison.

Certaines actrices, regroupées au sein de l’Union des Artistes, ont aussi mis cette question de l’avant : moins de rôles principaux pour les femmes au cinéma, et c’est encore pire après 40 ans.

L’équation est simple. Moins de personnages féminins importants parce que moins de femmes créatrices de ces histoires (scénaristes et réalisatrices). C’est compréhensible. On écrit sur ce qu’on connaît le mieux. Les hommes ont donc tendance à donner une figure masculine à leur héros. Et, à mon avis, les personnages secondaires féminins créés par des hommes sont souvent plus « fantasmés » que réalistes. Je ne dis pas que c’est toujours comme ça, je parle d’une tendance. (N’est pas « Mommy » Dolan qui veut.)

D’où la nécessité d’avoir davantage de femmes aux commandes. Pas parce qu’elles sont meilleures. Pas parce qu’elles vont révolutionner le monde du cinéma. Seulement parce que nous aussi, les filles, on a envie d’être bien représentées dans le monde du 7e art.

Tout ça pour vous dire que je m’amuse souvent à analyser les films réalisés et ainsi comparer les réalisateurs et leurs personnages principaux. Faites-le vous aussi, vous allez voir, c’est chaque fois pareil. J’avais envie de partager l’exercice avec vous aujourd’hui.

La SODEC a annoncé son soutien à 12 longs-métrages de fiction pour 2014-2015. Voici ce que ça donne (je n’ai gardé que le début des descriptions pour illustrer mon propos) :

6 h
« En 1955, Tom, 17 ans, en maison de redressement, apprend que son père est condamné à mort pour avoir tué son patron abusif et violent. »
Personnage principal : Tom
Réalisateur : Michel Jetté

BORIS SANS BÉATRICE
« Boris Malinowski, esprit fort, libéral et orgueilleux, a atteint tous ses buts. Depuis un temps, sa femme Béatrice, ministre au gouvernement du Canada, est clouée au lit victime d’une mystérieuse dépression. »
Personnage principal : Boris
Réalisateur : Denis Côté

DESPERADO
« Adrien, un solitaire d’âge mûr, se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment et se fait enlever par Cédric et William, deux jeunes qui se sont sérieusement mis dans le pétrin. »
Personnage principal : Adrien
Réalisateur : Richard Angers

MISSION YÉTI
« Les destins de Nelly Maloye, détective privée débutante, et Simon Picard, assistant de recherche en sciences de l’Université Laval, se croisent accidentellement. »
Deux personnages principaux : Nelly et Simon
Réalisateurs : Pierre Greco et Nancy Florence Savard

Tiens donc… Première apparition d’une héroïne féminine et il y a justement une fille à la création. C’est un film d’animation, mais le rapport est le même.

NITRO RUSH
« Condamné pour le rôle qu’il a joué dans l’homicide involontaire d’un policier, Max apprend que son fils Théo vient d’être recruté par une organisation criminelle. »
Personnage principal : Max
Réalisateur : Alain Desrochers

PAYS
« À 25 ans, Félixe, nouvellement élue au gouvernement fédéral canadien, se voit catapultée à l’Île de Besco pour prendre part à une médiation concernant les ressources minières de ce pays. Émily, une médiatrice de renom aux prises avec des procédures de divorce difficiles, mène celle-ci. Danielle, la première ministre de l’île, tente de gérer la situation tout en s’occupant de sa vie familiale. Une amitié se nouera entre les trois femmes (…). »
Personnages principaux : Félixe, Émily et Danielle (Wow… Trois filles!)
Réalisatrice : Chloé Robichaud (Ah ben, tabarouette… une fille!)

PERDI EN AYITI
« Après avoir connu le sommet, l’animateur de talk-show Marc Morin est à un tournant de sa carrière et de sa vie personnelle. Pour le relancer, son agent lui organise contre son gré un séjour en Haïti, cinq ans après le séisme de 2010, afin d’agir comme porte-parole d’une ONG québécoise qui œuvre là-bas. »
Personnage principal : Marc Morin
Réalisateur : Benoit Pelletier

LE PROBLÈME D’INFILTRATION
« Chirurgien dédié au sort des grands brûlés, époux d’une femme sensible et intelligente, père d’un enfant docile, bricoleur adroit, cuisinier hors pair, Louis Robert vit la perfection jusqu’au jour fatidique où tout se met à se fissurer. »
Personnage principal : Louis Robert
Réalisateur : Robert Morin

LES TROIS P’TITS COCHONS 2
« Nous retrouvons les trois petits cochons cinq ans plus tard, toujours victimes de leur sexualité débordante. »
Personnages principaux : 3 gars
Réalisateur : Jean-François Pouliot

X QUINIENTOS
« X Quinientos nous raconte les histoires d’Alex, Maria et David, trois jeunes migrants du continent américain qui sont chacun confrontés au décès d’un être cher. »
Personnages principaux : Alex, Maria (une fille, youppi!) et David
Réalisateur : Juan Andrés Arango

A WORTHY COMPANION
« Robert Drake est un postier qui vit dans une banlieue nord-américaine. Il est perçu comme un employé modèle, comme un aide-soignant de son frère handicapé, et comme un voisin tranquille. »
Personnage principal : Robert Drake
Réalisateurs : Carlos Sanchez et Jason Sanchez

BIRTHMARKED
« En 1976, Ben Morin et Catherine O’Neal commencent une expérience visant à changer notre compréhension de l’identité humaine. »
Personnages principaux : Ben et Catherine (ah!)
Réalisateur : Emmanuel Hoss-Desmarais

Maintenant, faites le décompte. Une seule réalisatrice sur 12 films (non, 2 réalisatrices, pardon… versus 11 réalisateurs). Combien d’héroïnes?

Je ne reproche absolument pas aux gars d’écrire des rôles de gars. Je constate seulement que si on veut avoir à l’écran davantage de beaux rôles d’avant-plan féminins, il faut que les femmes puissent scénariser et réaliser leurs propres films. Et je me demande comment ça se fait que ce n’est toujours pas le cas. Qu’est-ce qui ne va pas? Pourquoi ça ne bouge pas davantage de ce côté-là? Les filles sont talentueuses aussi, alors ce n’est pas le problème. Et il y en a forcément un. Un tel pourcentage, un tel déséquilibre, ce n’est pas normal.

Le coffre à surprises

Nous y revoilà. Mes activités professionnelles m’ayant plutôt éloignée de la musique dans les dernières années, il est plus que temps que je rafraîchisse ce site web. Et le meilleur moyen de le garder vivant, c’est d’y déposer de temps en temps des bribes de mes pensées, des parcelles de mon regard sur ce qui m’entoure.

Ce n’est pas la première fois que je blogue. Au début de cette tendance — il y a de ça quelques années déjà! —, j’étais aux premiers rangs à expérimenter ce nouvel outil de communication. J’avais cessé, faute de temps, mais aussi parce que je trouvais les gens timides. Pour moi, le blogue devrait aussi être un lieu d’échange, et pas seulement une page publique où déverser sa pensée je-me-moi à la face du monde.

Même si on se dévoile toujours un peu lorsqu’on prend la parole, je ne considère pas que ma voix est plus importante que celle des autres. C’est la mienne, c’est tout, et mon but n’est pas tant d’exprimer qui je suis que de communiquer, c’est-à-dire d’ouvrir un sentier vers les autres, d’amorcer des dialogues, de déclencher, qui sait, des étincelles à l’occasion chez mes interlocuteurs, qui en déclencheront à leur tour chez moi. Je parle d’étincelles de créativité, de réflexion, de sens, de curiosité et aussi de frivolité (parce que ça fait du bien!). C’est ce que j’essaie de faire quand j’écris, ce que j’essaie de faire quand je chante, ce que je continuerai à faire ici.

J’ai décidé de ne pas me limiter à un thème sur ce site, si ce n’est peut-être le coffre au trésor. Celui qu’on découvre au grenier sans savoir ce qu’on va y trouver. Je n’ai donc pas encore de titre, mais vos idées sont bienvenues si, au fil du temps, vous souhaitez le baptiser.