Archives pour la catégorie Histoire

Venise sous la neige

Les gondoles glissaient sur l’eau par centaines, et pas seulement pour les touristes. On y chantait des romances jusque tard dans la nuit. Danse et musique étaient parties prenantes de la vie des Vénitiens, dans toutes les couches de la société, au quotidien comme en période de carnaval. Les peintres étaient tous musiciens, et inversement. Même aux orphelines, on apprenait à jouer du luth et du violon. C’était Venise, à son apogée, avant qu’elle soit menacée d’inondation.

Venise en photos

Photos de Venise

J’ai bravé la tempête la semaine dernière pour troquer les flocons contre l’art vénitien du Musée des beaux-arts de Montréal. Les yeux sur les oeuvres du XVIe au XVIIIe siècle, et les oreilles emplies de luth et de viole de gambe, je m’imaginais au bord de la lagune, dans une cour en train de danser le menuet pendant le carnaval, ou admirant le Bucentaure pendant le rituel du mariage avec la mer. Car cette exposition se veut davantage un voyage géographique et historique, à travers l’art, que la description d’un courant stylistique.

Tableaux, partitions, musiques et instruments anciens évoquent l’âme et l’ambiance de cette partie du monde. Le parcours nous éclaire sur le contexte historique et social, sur les moeurs des habitants, sur ses personnages importants, en mettant l’accent sur la prépondérance de l’art dans la vie de ce peuple.

On a envie d’y être.

J’ai particulièrement apprécié les extérieurs de Canaletto, qui rend si bien les paysages urbains, mais aussi les événements et la vie publique vénitienne, dans les moindres détails, s’aidant de la camera obscura.

Coup de coeur musical de l’expo : ce Concerto turco nominato izia semaisi, d’inspiration ottomane.


Un excellent article d’Éric Clément dans La Presse décrit avec justesse l’exposition. Vous pouvez aussi tenter le voyage vous-même en vous présentant au MBAM d’ici le 19 janvier.

Venise en crimes
En attendant de mettre les pieds dans la Sérénissime du XXIe siècle, je promets de me plonger dans les polars de Donna Leon (des titres à me suggérer?). Ou de revoir sur Tou.tv les enquêtes du Commissaire Brunetti, encore disponibles pour quelques semaines. Bien qu’un peu caricaturales, ces intrigues nous offrent le petit bonheur de déambuler dans un décor de rêve.

Venise et son histoire
C’est possible aussi de replonger dans les événements historiques de la ville, parfois criminels, parfois encore mystérieux, à travers cet épisode documentaire de L’Ombre d’un doute, « Venise, la cité des mystères », disponible sur le web.


Guide de Venise

Ce guide, plus ou moins touristique, bien qu’un peu drabe et qui date de quelques années, fait tout de même un tour de piste clair et concis des grands événements qui ont marqué la ville et les différents quartiers qui la composent. Pratique.


À la di Stasio
Et si vous avez, comme moi, l’âme à la dolce vita, notre Josée di Stasio nationale nous fait un petit tour gourmand de Venise, accompagnée, entre autres, de l’écrivaine Simonetta Greggio (dont j’ai lu «La douceur des hommes», charmante et émouvante rencontre d’une vieille dame passionnée, que je vous conseille, mesdames surtout).

Si les murs pouvaient parler

Si les murs pouvaient parler… Quels mondes fantastiques s’ouvriraient à nous! Imaginez tous ces secrets d’alcôve dévoilés, au grand bonheur des potineux et écornifleurs (que nous sommes tous un peu, admettons-le). Pensez à tous ces crimes non résolus qui trouveraient soudain leur coupable. Et quoi d’autre encore…

Brodie, village fantôme du Far West

Brodie, village fantôme du Far West

J’attends avec impatience l’invention de cet engin qui captera ondes et chromatiques emmagasinées dans la pierre et le bois des maisons, pour en recréer les images et sons de l’Histoire. Est-ce qu’on y trouverait réponses à nos questions? Est-ce qu’on se reconnaîtrait dans tous ces gens passés avant nous? Est-ce qu’on arriverait à les comprendre?

C’est peut-être un mal pour un bien que ces cloisons demeurent closes. On a beau dire que la réalité dépasse souvent la fiction, les faits crus décevraient peut-être les espoirs créés par notre esprit créatif. Mais n’empêche… Ça fait rêver, non?

C’est l’auteure Ariane Gélinas qui m’a remise sur cette piste récemment. J’ai toujours été attirée par les villages abandonnés et les champs de fouille archéologique. Je me suis promenée avec bonheur (et avec une curiosité insatiable) dans les dédales des ruines de Deir-El-Medineh, ce village d’artisans-prêtres de l’Égypte pharaonique, et je rêve de mettre un jour les pieds à Pompei, mais j’ignorais qu’il existait autant de villages disparus ici même au Québec. C’est en lisant le roman noir Transtaïga que j’ai eu vent de cette catastrophe, pourtant pas si ancienne, de Saint-Jean-Vianney.  Vous le saviez peut-être, moi pas, mais en 1971, ce village du Saguenay a été rayé de la carte en quasi une nuit, suite à un glissement de terrain. Radio-Canada a interrogé des témoins de l’époque au cours d’une émission de Tout le monde en parlait.

On peut aussi retrouver sur le Net un reportage sur 3 villages d’Ontario qui ont été rayés de la carte par les fluctuations économiques, et ces villages ne sont que quelques-uns parmi tant d’autres.

C’est à la fois terrifiant et fascinant de savoir que, même ici au Québec, tout un village peut disparaître en poussière en un rien de temps et je suis sensible à ce qu’ont pu vivre ces gens. Toutefois, ce n’est pas tellement l’appel de la catastrophe qui m’intéresse dans ces villages fantômes, ou ce qu’il en reste, mais tout simplement la trace qu’ils laissent. Ils sont comme des témoins de temps révolus mais non moins vivants.

La petite fille en moi imagine avec émerveillement, et un certain sens du recueillement, que le mur qu’elle touche a été érigé par des gens qui sont passés par là quelques décennies avant elle et que cette pierre ou cette brique est un lien ténu vers eux et leurs histoires.

Et mon petit doigt me dit que je ne suis pas la seule… D’ailleurs, tout un pan du tourisme est basé là-dessus.

Gary Lawrence, sur son blogue de L’Actualité en a relevé quelques-uns l’an dernier. On peut également retrouver le recensement de 50 lieux abandonnés, aux photos assez spectaculaires, sur le blogue de Jet tours.

Il existe aussi des répertoires de lieux abandonnés pour ce qu’on appelle les explorateurs urbains. Un jeu vidéo disponible en ligne, Urbex, s’inspire de cette tendance.

Et vous? En êtes-vous un? Est-ce que ça vous inspire pour l’une de vos prochaines destinations vacances?

Quelques références à propos de villages disparus se trouvent sur mon Pinterest. Partagez vos connaissances avec moi. Je suis toujours curieuse d’en connaître de nouveaux.

Pour explorer le village de Deir-El-Medineh: